Cette semaine, j’ai renoncé à toute nourriture solide pour faire une cure de jus… et par la même occasion, l’expérience du dépassement de soi.
Dernièrement, j’ai terminé ma traditionnelle cure de jus annuelle. Une semaine où je mets mon corps, mon estomac et mes intestins au repos. Une pause bien méritée pour ces organes souvent fatigués qui repartent ensuite de plus belle, pour de nouvelles délicieuses aventures gastronomiques. Cette cure est la quatrième dans ma vie. Presque une routine. A ce stade, je suis quasiment devenue une experte. Je peux à présent comparer les différentes éditions, comment j’ai plus ou moins bien surmonté la faim, les tentations, la fatigue, comment j’ai plus ou moins eu de l’énergie, des crampes au mollet qui duraient cinq, dix, quinze minutes, des migraines ophtalmiques, envie d’abandonner…
L’apport nutritionnel ne dépassant pas les 300 calories par jour, difficile d’envisager des efforts intenses.
Cette année – tout comme l’an dernier – l’expérience, facilitée par le contexte du télétravail, était presque agréable. En effet, inutile de trouver des excuses pour éviter un repas avec des collègues ou pour refuser le gâteau d’anniversaire d’un tel ou des croissants célébrant la promotion d’une autre. Les tentations sont réduites à mes propres placards et les mouvements sont par nature limités, ce qui me permet de me ménager un maximum. Car lors de cette cure, l’apport nutritionnel ne dépassant pas les 300 calories par jour, difficile d’envisager des efforts intenses, sous peine de s’exposer à des troubles tels que des migraines (pour ne citer qu’elles). D’ailleurs, les premiers jours, mêmes les capacités intellectuelles se trouvent diminuées.
Cure Biotta: mode d’emploi
Pour la vivre sereinement, une telle expérience ne s’improvise pas (d’ailleurs, je la déconseille fortement aux personnes très minces ou déjà affaiblies physiquement qui n’auraient pas les ressources pour supporter cet effort demandé au corps. De façon générale, je recommande à ceux qui voudraient faire un jeûne ou une cure de demander conseil à son médecin en cas de doute. Enfin, rester à l’écoute de son corps est primordial. Au moindre signal alarmant, mieux vaut arrêter le jeûne.) Personnellement, je reste fidèle à la semaine Wellness de Biotta et ses jus 100% naturels et bios qui me conviennent parfaitement. J’achète le pack complet (prix: environ 60.-) comprenant les jus, une tisane aux herbes, des graines de lin et un petit carnet avec les instructions et le plan de la semaine à suivre jour par jour. Depuis peu, le pack a été enrichi d’un sel de bain basique pour se chouchouter durant cette exigeante période.
Quel bonheur de sentir un cracker croustiller sous la dent ou de déguster une poire juteuse.
La semaine débute par une journée de préparation où le but est d’habituer son corps à recevoir moins de nourriture. Pour moi, cette journée a souvent été la plus dure, sans doute à cause du facteur psychologique. Le deuxième jour, le jeûne en lui-même commence. C’est la première des cinq journées 100% liquide. Cette année, alors que les premières journées se sont déroulées comme sur des roulettes, les 4e et le 5e jours ont été les plus difficiles à vivre pour moi. La faim me torpillait et je buvais des litres et des litres de tisane pour calmer cet estomac qui me hurlait famine. La semaine se termine avec un jour (ou deux, selon le programme) de récupération. On réintègre en douceur de la nourriture dans l’organisme afin de ne pas le brusquer. Quel bonheur de sentir un cracker croustiller sous la dent ou de déguster une poire juteuse! Tout semble prendre une autre dimension…
Personnellement, l’étape la plus difficile a toujours été de fixer une date. Trouver une semaine où je peux m’isoler, me retirer du monde, éviter les apéros, les anniversaires, les événements en tout genre. Car, si je peux contrôler mes pulsions dans un environnement neutre, impossible pour moi de m’imaginer observer les autres manger et boire en liesse et me nourrir des seuls effluves de leur bouffe tout en subissant leurs bruits de bouche… mes autres sens étant, eux, exacerbés.
Mind over body
« Tu es une psychopathe », m’a sorti mon chef en rigolant lorsque je lui ai expliqué que j’étais en train de renouveler mon expérience de cure. Il n’est décidément pas très convaincu par cet attrait répété du jus de betteraves et du multi fruits en mode entrée-plat-dessert. Et, quelque part, je suis d’accord avec lui: il y a quelque chose de l’ordre de la folie de choisir d’aller à l’encontre de ses besoins primaires, aussi naturels et essentiels que manger. Il faut être un peu bizarre pour vouloir volontairement de renoncer à toute nourriture… tangible, du moins. Et pourtant…
En même temps qu’on gagne en légerté, on gagne en lucidité.
Au final, une des choses que je préfère dans ces semaines d’abstinence, c’est l’expérience de contrôle, de maîtrise de soi. Une sorte de dépassement de sa condition terrestre, humaine. Un bootcamp puissant pour la volonté: je décide sur mon corps, et non l’inverse. Ce détachement des besoins physiques permet une forme d’observation de soi. Une expérience spirituelle, quoi. Rien d’étonnant à ce que nombre de saints et personnes élevées spirituellement pratiquent ou aient pratiqué régulièrement ce type d’ascèse. Au fil des jours, le ventre vide, le corps se met au repos, tout concentré à ses fonctions vitales et à sa simple survie. Paradoxalement, il se fatigue moins. Savez-vous toute l’énergie et les calories que brûle notre organisme rien pour la digestion? Là, plus besoin de tout ça. Adieu lourdeurs, ballonnements, bruits bizarre. Notre intestin – notre deuxième cerveau – est soulagé de toute tâche ingrate. En même temps que l’on gagne en légèreté, le brouillard crânien fait place à une brillante lucidité. Un vrai reboosting mental et physique.