Du bonheur en plaqué or

Derrière Graine de shopping, un site de bijoux et d’accessoires bien connu des modeuses romandes, se cache Aurélie Deschenaux, une trentenaire fribourgeoise passionnée et jamais à court d’idées. Au fil des ans, elle a su transformer son à-côté en véritable entreprise. Et toujours avez le même leitmotiv: offrir un moment de plaisir.

Aurélie, comment est né Graine de Shopping?

Tout a commencé un peu par hasard en 2012 alors que j’étais encore étudiante. En cherchant des boucles d’oreilles pour moi, j’ai découvert Manuela, une créatrice slovène. Elle rêvait de vivre de ses bijoux. Alors, pour lui donner un petit coup de main, j’ai décidé d’en parler autour de moi. Etant donné le succès que ses boucles d’oreilles rencontraient auprès de mes amies, j’ai décidé de créer une page Facebook pour les faire davantage connaître. Comme ça marchait bien, j’ai trouvé au fur et à mesure d’autres créateurs, une dizaine en tout. Puis, j’ai organisé un premier petit événement à Lausanne. En voyant le monde présent sur place, je me suis rendue compte de la force des réseaux sociaux. Après cela, les choses se sont enchaînées, mon petit à-côté s’est développé. Il y a eu de plus en plus d’événements. On a commencé à tenir un stand chaque année au Montreux jazz festival. On a eu un point de vente à Fribourg, j’ai engagé des collaboratrices, j’ai réduit mon taux de travail à côté. C’est devenu sérieux. Aujourd’hui, l’entreprise compte cinq employées à temps partiel et une boutique à Fribourg qu’on a ouverte le 18 décembre 2020.


Actuellement comment gères-tu ton temps entre ton boulot de communicante et ton travail d’entrepreneuse?

Je travaille à temps partiel comme communicante dans une association professionnelle, à Berne, où j’habite. Le reste du temps, je m’occupe de Graine de Shopping. Je vais aussi une à deux fois par semaine à la boutique à Fribourg. J’aime être là pour les clients. Je fais également tout ce que mes collègues font: ranger la boutique, passer l’aspirateur, prendre les commandes, aller à la poste. J’essaie toujours de voir les filles de l’équipe pour échanger et trouver des idées. On discute des nouvelles collections, de ce qu’on aimerait comme style de bijoux. Quand je suis au bureau, donc chez moi, je fais le travail administratif. C’est une grosse partie du job, la comptabilité et la gestion du personnel.

Mes goûts ont évolué, j’ai à présent la trentaine, j’ose un peu plus prendre des risques qu’avant.


Comment décrirais-tu le style de tes accessoires?

Je dirais que c’est des bijoux avec du goût. Selon mes goûts à moi (rires). Il y a différents styles: des pièces minimalistes et d’autres plus fofolles. D’ailleurs, je veux laisser aujourd’hui plus de place à des pièces plus affirmées. Mes goûts ont évolué, j’ai à présent la trentaine, j’ose un peu plus prendre des risques qu’avant. Et ça s’avère payant, car les gens aiment. De façon générale, je ne suis pas trop les tendances. Je me demande plutôt si je trouve ça cool et si ça me plait. Y a des pièces dont je ne me lasse pas, que je trouve géniales et que j’ai depuis 10 ans dans mon assortiment.


Comment déniches-tu les créatrices et les créateurs avec qui tu travailles?

A l’époque, quand j’allais à l’étranger, je faisais toujours les marchés pour voir ce qui se faisait. A présent, c’est souvent des créateurs qui me contactent directement. De mon côté, je cherche de l’inspiration sur internet. C’est important aussi de se démarquer, de proposer des choses uniques. Il faut dire qu’il y a de la concurrence…


Quelles sont les dernières venues dans ta boutique?

On a des nouveautés durant toute l’année, mais on en a particulièrement ces temps! On a aussi intégré des pièces plus fortes que ce qu’on avait avant. Par exemple les boucles d’oreilles en pâte polymère de Liv and you, les bijoux au crochet de la marque Ivre de liberté. On a aussi les pochettes faites en Inde par les deux belles soeurs de Bindi atelier, les portes-monnaie de Fraülein rosarot, les cartes de voeux de la canadienne Natasha Prevost. On compte aussi de plus en plus de marques suisses comme Liv and you et Ivre de liberté justement. Enfin, on a ajouté une gamme en or pur, car c’est important de proposer des bijoux pour tous les besoins.

Le boom du début du coronavirus a été plutôt éphémère, c’est retombé quand les magasins ont rouvert.


Comment as-tu vécu la période du coronavirus?

On a eu plusieurs bouleversements. Au début du confinement, on a connu une forte hausse des commandes via le e-shop. On n’était pas du tout prêtes pour ça. En plus, nous avions perdu le point de poste le plus proche qui se trouvait dans une librairie… qui était donc fermée. Je me suis retrouvée seule à faire beaucoup de choses. En plus de mon travail, je devais donc me déplacer en ville et porter plein de paquets. C’était une période super intense. Ce boom a été plutôt éphémère, c’est retombé quand les magasins ont rouvert. Dans un deuxième temps, on a profité de cette période pour développer des projets pour lesquels on n’avait pas le temps auparavant. On a notamment créé un nouveau logo, fait une refonte du site et travaillé sur une identité olfactive pour la boutique et les colis.


Tu n’as pas pu faire les festivals et les marchés à cause de Covid, quelle influence sur les résultats de ton entreprise?

Au début, je prenais les choses avec légèreté. C’est assez tard que je me suis rendue compte que financièrement ça n’était pas si cool que ça. Certes, le site fonctionnait bien mais ça ne suffisait pas. Les festivals et les marchés font partie de notre marque. Ils sont super importants. Sans eux, il y a un vrai manque. Les chiffres m’en ont fait prendre conscience.

Je suis de nature curieuse, j’essaie tout et après, on verra.


Comment envisages-tu l’avenir proche et lointain de Graine de Shopping?

Pour ce qui est du futur proche: nous serons cet hiver aux marchés de Noël de Lausanne et de Genève. A plus long terme, je voudrais mettre sur pied plusieurs autres projets. Aujourd’hui, j’ai envie de mettre les bouchées doubles, je ne veux pas être trop dans la prudence, ça m’a tellement manqué de ne pas pouvoir faire plein de trucs. Je suis de nature curieuse, j’essaie tout et après, on verra.


10 ans après, comment tu entretiens la flamme?

J’ai toujours plein de nouveaux projets et d’idées en tête. J’aime aussi le côté humain, les relations entre les gens. Aujourd’hui, je voudrais également donner une dimensions plus sociale encore à mon entreprise  et je réfléchis à la meilleure manière de concrétiser cette envie. Il y a toujours des dimensions qui s’ajoutent au projet. Le travail est tellement varié, j’apprends énormément. Je suis par exemple devenue malgré moi une experte en gestion du personnel. L’an dernier, j’ai changé la forme de l’entreprise, qui est passé d’une raison individuelle à une SARL.  J’adore aussi tout ce qui est visuel, choisir les bijoux, c’est comme faire du shopping pour moi mais avec un gros budget et pour les autres… Enfin, avec le temps, les créateurs sont devenus des amis, c’est agréable de travailler avec eux.

Aurélie Deschenaux dans sa boutique de la rue de Romont à Fribourg
Aurélie Deschenaux dans la boutique de la rue de Romont à Fribourg. (Photo: Isabel Nao)


Et qu’est-ce qui est plus difficile?

Typiquement, quand on a fermé en janvier et février 2020, mon cerveau aurait dû dire qu’il faut se séparer des collaborateurs, annoncer des mauvaises nouvelles… Mais je ne l’ai pas fait. Du coup, tout le monde a continué à travailler. Financièrement c’était difficile… Licencier quelqu’un me tétanise. J’ai du mal à prendre des décisions qui ne plairont pas à tout le monde. Sinon, un autre aspect assez lourd est le fait que je fais tout le travail administratif toute seule.


Une cliente ou un client qui t’a marquée?

Dernièrement, une fille est venue avec son mari. Lui, a passé l’après-midi à aller remettre de l’argent au parking, car sa femme avait un plaisir fou à découvrir la boutique et prenait du temps car elle n’arrivait pas à choisir. Il y a aussi eu une maman qui est venue acheter une bague pour sa fille qui a eu son premier enfant. En fait, je suis souvent étonnée par la diversité des clients. J’ai eu aussi une fois une dame de nonante ans absolument fantastique, qui aimait beaucoup la boutique et cela m’est allé droit au coeur.

Photo de cottonbro sur Pexels.com


Et parce que l’on ne porte pas le nom d’un cépage pour rien chez Arvine et Térébenthine, pour terminer, afin de mieux te connaître, quoi de mieux qu’un petit apéro… de Proust.

Bière ou vin? Bière

Blonde, IPA ou blanche? Blanche

Rouge, blanc ou rosé? Rouge

Vins suisses ou vins français? Vins suisses avant tout !

Au bord d’un lac ou au sommet d’une montagne? Au sommet d’une montagne

Apéro entre copines ou en amoureux? Entre copines

Chips ou olives? Les deux !

Plateau de fromage ou de charcuterie? Fromage

Quels sont les ingrédients essentiels pour un apéro parfait? Un peu de soleil, un espace à l’extérieur, des bonnes choses à manger, avoir du temps devant soi et, bien sûr, les bonnes personnes. Et enfin, un chat au coin de la table.

Le meilleur pays pour l’apéro? L’Italie: on ne doit pas choisir entre chips et olives, justement, pas comme dans ce questionnaire (rires). Ils savent vraiment recevoir.

Et pour un apéro sans alcool ? Une limonade maison

Un apéro est raté si… On n’écoute pas l’autre

Une bière est mauvaise si… Elle n’est pas fraiche

Je pars après rapidement si… on ne s’entend pas parler, dans un endroit trop bruyant

Ton apéro le plus mémorable: J’ai fait il y a 2 ans, un voyage à vélo en solo. Le soir, je prenais souvent des apéros toute seule et j’ai découvert que j’aimais ça. Un soir, à Bratislava, assise sur un banc pendant le coucher du soleil, je regardais les gens passer. C’était vraiment un chouette moment, hors du temps.

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